La tension monte sur le site de Thomson
Ambiance lourde chez Thomson à Conflans. L’échec de la réunion du comité d’entreprise jeudi dernier n’a pas contribué à rapprocher les positions, alors que 119 postes sont menacés.
Semaine de tous les dangers sur le site Technicolor du groupe Thomson Grass Valley de Conflans-Sainte-Honorine. Aujourd’hui, les employés qui reviennent sur leur lieu de travail sont toujours plongés dans l’inconnu. Des 388 salariés de l’usine, 119 doivent être licenciés. Et un courrier reçu vendredi par les partenaires sociaux au lendemain de la réunion ratée du comité d’entreprise extraordinaire risque de faire monter la tension d’un cran.
La direction reproche aux employés d’avoir bloqué le site le jour de la présentation du plan de sauvegarde de l’emploi. Elle évoque « un coup de force », mais aussi « le saccage d’un bureau » et « la séquestration » d’un cadre. Pour les syndicats, c’en est trop, d’autant qu’ils n’ont obtenu aucune avancée lors de la réunion. « Ce courrier est une provocation, analyse Jean-Pierre Ottavi, de la CFDT. La direction cherche à déstabiliser les employés. Elle veut nous pousser à bout. » Trois sites français du groupe sont touchés par la réduction des effectifs. Conflans perd 119 emplois, Rennes (Ille-et-Vilaine) 182 et Brest (Finistère) 26.
Jeudi dernier, la réunion a été houleuse. Une bousculade a eu lieu dans la salle entre des salariés et des vigiles. De fait, la séance a été suspendue. Alors que les partenaires sociaux réclamaient le report de la réunion en raison du retard sur le déroulement de l’ordre du jour, la direction a considéré que la réunion était close. « Elle s’est ensuite retranchée dans le bureau du PDG, gardé par les vigiles, refusant tout dialogue et proférant des menaces aux élus », déplore le syndicaliste.
Déterminés à se faire entendre, les salariés étaient restés sur place une partie de la nuit, retenant ainsi la direction dans les locaux. « Maintenant, tout est possible, prévient Jean-Pierre Ottavi. La direction cherche à détruire les salariés pour qu’ils quittent l’entreprise le plus vite possible. » La direction dément. Elle affirme vouloir « avancer » et « rester ouverte à la discussion ». Pour tenter de contenir les angoisses, des cellules psychologiques sont mises en place sur les trois sites.
Les élus de gauche du conseil général des Yvelines apportent leur soutien aux salariés. Ils expriment « leur indignation quant à l’attitude fermée de la direction de cette société ». Dans un communiqué, ils réclament le remboursement des 950000 € versés en 2006 par le département à la société contre le maintien de l’activité et des effectifs. « L’engagement n’a pas été respecté », constate André Sylvestre (PS), conseiller général de Mantes-la-Ville, président du groupe socialiste au conseil général.
Source (Yves Fossey - www.leparisien.fr - 03/05/2010)