Thomson devient Technicolor
Technicolor, anciennement
Thomson, est une entreprise française spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de vidéo et d'image numérique destinés aux professionnels des médias, tels que les
producteurs de films et les chaînes de télévision, mais aussi les opérateurs de réseaux et autres distributeurs de contenu.
Spécialisée à l'origine dans les équipements de production et de distribution d'électricité, Thomson a évolué au fil de multiples rachats et fusions pour s'orienter vers la fabrication de matériels électroniques et audiovisuels. Connu notamment pour ses téléviseurs à partir des années 1960, Thomson partage dans les années 1980 ses activités en deux secteurs : l'électronique grand public et les équipements professionnels à vocation militaire. Cette dernière branche donnera naissance, en 1968, à Thomson-CSF qui deviendra le groupe Thales en 2000. L'autre branche, rebaptisée Thomson Multimédia en 1995, produira du matériel électronique grand public avant de se spécialiser, à partir de 2005, dans les services et les équipements électroniques professionnels destinés au secteur des médias et du divertissement.
Historique:
• 1883 : Elihu Thomson et
Edwin Houston s'associent pour créer une importante société d’électricité spécialisée dans un premier temps dans la construction de dynamos et de moteurs à courant continu puis alternatifs par la
suite, la Thomson-Houston Electric Company, basée aux États-Unis et disposant de filiales internationales.
• 1892 : la fusion de Thomson-Houston et Edison General Electric Company donne naissance à General Electric.
• 1893 : création de la Compagnie Française Thomson-Houston (CFTH), chargée d'exploiter en France les brevets de la Thomson-Houston Electric Corporation dans le domaine
alors émergeant de la production et du transport de l'électricité.
• 1919 : création de Radio Corporation of America (RCA) et, en France, de la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF)
• 1922 : Thomson-Brandt rachète à la famille de Fenoyl la Société Nouvelle de la Manufacture de Porcelaine de fusion avec la compagnie Hotchkiss-Brandt.
• 1955 : La CFTH devient française, puis change de nom en 1966 pour devenir Thomson-Brandt, suite à sa Ste Foy l'Argentière laquelle disposait d'un brevet sur les isolateurs
électriques en porcelaine.
• 1966 : RCA ouvre une usine de tubes cathodiques.
• 1967 : Thomson-Brandt fusionne avec CSF. Le groupe sera baptisé Thomson-CSF en 1968.
• 1976 : Thomson-CSF prend le contrôle des sociétés Téléphones Ericsson et LMT (Le Matériel Téléphonique).
• 1982 : Thomson-Brandt et Thomson-CSF sont nationalisés par le gouvernement français.
• 1983 : Les deux entreprises sont regroupées sous le nom de Thomson SA. À cette époque, le groupe s'organise autour de deux pôles :
- Le pôle orienté électronique grand public, qui deviendra Thomson Consumer Electronic Company (TCE) en 1987 (rebaptisé Thomson Multimedia en 1995), sera dissocié du groupe en 1999 et
rebaptisé simplement Thomson en 2002.
- Thomson CSF, spécialisé dans l'électronique professionnelle à vocation essentiellement militaire.
• 1986 : General Electric cède à Thomson les droits d'exploitation de sa marque RCA.
• 1992 :Le secteur électroménager est cédé à l'italien EL.FI (connu par sa marque Zanussi).
• 1995 : Thomson Consumer Electronics est rebaptisé Thomson Multimedia (TMM).
• 1996 : le Premier ministre français Alain Juppé souhaite vendre au groupe Daewoo, l'entreprise publique Thomson Multimédia, officiellement « très endettée » contre 1 franc
symbolique après sa recapitalisation par l'État à hauteur de 11 milliards de francs4. Toutefois, cette vente n'aura pas lieu5.
• En octobre 1997, le gouvernement décide de regrouper autour de Thomson CSF, dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Alcatel, les activités d'électronique spatiale et de défense et
les activités de communications militaires d'Alcatel, les activités d'électronique professionnelle et de défense de Dassault Électronique, ainsi que les activités satellitaires
d'Aérospatiale.
• 1999 : ouverture du capital de Thomson Multimedia.
• décembre 2000 : Thomson-CSF devient Thales
• 2003 : l’État français vend ses dernières participations dans Thomson.
• 2007 : Fermeture des activités Solutions Silicium.
Thomson est le fruit de la consolidation d'un certain nombre d'activités issues de sociétés importantes : Thomson elle-même, Technicolor, Grass Valley, DSL Alcatel,
Atlinks, Thales Broadcast & Multimedia, Cirpack et Inventel.
Le Groupe Thomson est sorti des activités de l’électronique grand public : en 2005, il a cédé ses activités Téléviseurs au groupe chinois TCL, processus engagé dès 2004, et ses activités Tubes
cathodiques au groupe indien Videocon. Ses activités audio/vidéo et accessoires ont été cédées en 2007.
L'activité principale de Thomson est désormais de concevoir et fabriquer les systèmes nécessaires à la création, la diffusion, et la sécurité des contenus audiovisuels des acteurs des médias et
du divertissement.
Thomson réalise environ 95 % de son chiffre d’affaires avec ses activités Média et Divertissement. Dans le cadre de ces
activités, il vend des équipements, des produits, des systèmes et des services pour les métiers de l'audio-visuel. Pour renforcer ses activités, en 2006, le Groupe Thomson a racheté Thales
Broadcast & Multimedia14 et Nextamp15, une start-up spécialisée dans le tatouage numérique.
En complément des activités media et divertissement, Thomson fabrique des postes téléphoniques IP. Il les commercialise par différents canaux dont un contrat OEM avec Alcatel-Lucent.
• Novembre 2008 : Le Groupe décide de fermer ses activités de téléphonie résidentielle en Amérique
du Nord6.
Le groupe s'organise autour de 3 divisions opérationnelles + 2 autres segments :
• Technicolor : 2 055 millions d'euros soit 43% du chiffre d'affaires net consolidé du groupe.
• Thomson Grass Valley : 2 381 millions d'euros soit 49% du chiffre d'affaires net consolidé du groupe.
• Technologie : 392 millions d'euros soit 8% du chiffre d'affaires net consolidé du groupe.
• Fonctions centrales du groupe : 4 millions d'euros de chiffre d'affaires.
• Autres activités : 8 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Les clients et les utilisateurs
• Les créateurs de contenus : l'entreprise fournit notamment aux sociétés spécialisés dans la création de contenu des caméras de télévision professionnelles,
des solutions de postproduction.
• Les diffuseurs et les transporteurs de contenus : Thomson fournit par exemple aux chaînes de télévision et aux cablo-opérateurs, ainsi qu'à tous les opérateurs capables de diffuser du
contenu audiovisuel, des serveurs de vidéo à la demande pour l'IPTV.
• Les particuliers fournis par les clients de Thomson : les opérateurs peuvent fournir à leurs abonnés des décodeurs numériques fabriqués par Thomson.
Le groupe Thomson s'est engagé après un accord à densifier les équipements de la Radiodiffusion-Télévision ivoirienne (équipement, satellite, numérique, qualité d'image, …).
Direction du groupe - Comité Exécutif :
Le directeur général est Frédéric Rose. Il anime le Comité Exécutif et rend des comptes au Conseil d'Administration présidé par François de Carbonnel.
Comité Exécutif :
Il rassemble autour du directeur général les responsables des divisions opérationnelles et des fonctions support. Il analyse les résultats, décide des actions à mener pour atteindre les objectifs et conduit les opérations du Groupe Thomson.
Conseil d'administration :
Présidé par le Président, le conseil d'administration définit les orientations stratégiques du groupe, contrôle les comptes et nomme les dirigeants. Il est assisté par quatre comités : le Comité Stratégique, qui revoit les projets liés au développement du groupe et aux partenariats industriels, le Comité d’Audit, qui veille à la qualité des documents comptables et financiers ainsi qu’au respect des procédures de contrôle, le Comité Développement Durable, en charge du respect de la charte éthique, de la responsabilité sociétale et environnementale, et le Comité Nominations, Rémunérations et Gouvernance, qui se concentre sur le fonctionnement du conseil d’administration, la mise en œuvre des principes de gouvernement d'entreprise, la rémunération des cadres dirigeants et l’intéressement des salariés.
Le conseil d’administration se composait de 17 (En 2007, 2008 et 2009):
• Éric Bourdais de
Charbonnière, président du conseil de surveillance de Michelin,
• François de Carbonnel, directeur de sociétés, ancien directeur exécutif de Citigroup,
• Loïc Desmouceaux représentant des salariés actionnaires de Thomson,
• Eddy W. Hartenstein, éditeur et Président-Directeur Général du Los Angeles Times, ancien Vice-Chairman de The DirecTV Group,
• Pierre Lescure, directeur des Opérations du Théâtre Marigny, ancien président-directeur général de Canal+,
• Didier Lombard, PDG de France Télécom,
• Gérard Meymarian, représentant des salariés actionnaires de Thomson,
• Paul Murray, consultant en entreprise, ancien associé de Tangent Industries Ltd.
• Marcel Roulet, Consultant en entreprise, ancien Président de TSA, Thales et de France Télécom,
• David Roux, Directeur Général de Silver Lake Partners, vice Président du Conseil d’Administration.
• Rémy Sautter, président du conseil de surveillance d’Ediradio/RTL,
• Henry P. Vigil, Senior Vice-Président, Strategy and Partnership de Microsoft.
Le 10 avril 2008, le conseil d'administration de Thomson a annoncé la nomination de François de Carbonnel au poste de Président du Conseil d'administration.
• 2009 : en avril, certaines analyses font état d'un possible dépôt de bilan devant les difficultés que l'entreprise rencontre à négocier sa
dette avec certains de ses créanciers7.
En juillet, un accord avec les principaux créanciers, en vue de la recapitalisation du Groupe, intervient et les perspectives de dépôt de bilan semblent s'éloigner. Le 30 novembre Thomson entend
conclure la restructuration de sa dette d’ici février 2010 grâce à une procédure de sauvegarde 8qui est acceptée le 7 décembre, et rendu publique le 9 décembre9 qui opte pour une procédure de
sauvegarde afin de renégocier la dette plus tranquillement10
Ce plan est approuvé le 21 décembre par le Comité des Fournisseurs et le Comité des créanciers bancaires11 et le 22 décembre par l’ensemble des Comités de créanciers 12.
• 2010 : Après 10 mois de discussions avec ses créanciers, le directeur général, Frédéric Rose, provoque une Assemblée Générale Mixte des actionnaires de la société Thomson SA le mercredi 27 janvier 201013 qui outre la restructuration financière propose dans la 16e résolution une nouvelle dénomination; Thomson devenant Technicolor sans changement de la gouvernance d'entreprise.
Une gestion erratique
Le conglomérat qui fabrique aussi bien des lampes, des téléviseurs, de l'électroménager, des systèmes militaires, qui emploie alors plus de 100 000 employés, est proche de la faillite avant sa nationalisation en 1982. Le PDG Alain Gomez désengage Thomson des télécoms, de l'électroménager et autres activités trop périphériques pour racheter le fabricant de télévisions américains RCA. Les USA sont alors le premier pays de ventes de téléviseurs et TCA est détenteur d'un riche amas de brevets, mais l'état n'ayant pas recapitalisé l'entreprise, celle-ci est très endettée et compte 14 milliards de francs de dettes quand Alain Gomez est licencié en 1996. Après une recapitalisation de 1,7 milliards en 1997 et sa séparation d'avec Thomson-CSF, le duo Thierry Breton - Frank E. Dangeard rachètent des sociétés audiovisuelles professionnelles (Technicolor, Grass Valley...), mais les entités restent indépendantes et ne dégagent pas de synergies. Le groupe abandonne l'électronique grand public voyant avec raison la fin du tube cathodique, mais sans exploiter ses technologies très avancées dans les écrans plats OLED et les écrans plasma. De même, il abandonne trop vite en 1998 l'expérience du Lyra, baladeur numérique lancé trois ans avant les IPod. Le désengagement de la filière cathodique n'est pas total en raison de de la faillite du repreneur chinois. L'accumulation des difficultés depuis 2004 mène le groupe vers de fortes pertes menant le groupe au bord du gouffre.
Fin janvier 2009, Frédéric Rose annonce au Figaro sa volonté de se débarrasser d'actifs non stratégiques, comme la division Grass Valley, partie industrielle du groupe (regroupant entre autres les activités ex-Alcatel, ex-Philips, ex-Grass Valley et ex-Thalès Broadcast & Multimedia) et PRN, consacrée aux réseaux de diffusion de publicité dans la grande distribution.
Représentation syndicale :
Sont présents au sein du Groupe Thomson en France, les syndicats suivants: CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, UNSA, SUD Industrie, SNTPCT. Un comité de groupe composé des différentes organisations syndicales représentatives dans le groupe existe, ainsi qu'un comité d'entreprise européen.
Source (fr.wikipedia.org)