Les salaires des patrons passés au crible

goldenparachuteMirobolants ou non, les salaires des grands dirigeants français sont (presque) toujours complexes. Parts fixes, variables, avantages en nature, rémunérations exceptionnelles, stock-options et autres actions gratuites les composent. Et pour chacun de ces éléments, les patrons ne sont pas logés à la même enseigne.

 

Quelle est la rémunération moyenne des patrons des plus grandes entreprises cotées de France ? Qui touche le plus d'actions gratuites ? De stock-options ? Qui en a gagné le moins ? Le Journal du Net répond.

  

Les rémunérations totales

Le patron du SBF 120 (les 120 plus grandes entreprises cotées de France) le mieux rémunéré en 2008 est sans réelle surprise un dirigeant du Cac 40, en l'occurrence Franck Riboud, PDG de Danone. Celui qui gagne le moins n'appartient pas au prestigieux indice avec sa société April Group. Mais si son salaire est si faible, cela n'a pas grand-chose à voir avec la taille de son entreprise. Bruno Rousset possède 60% de la société d'assurance qu'il a fondée et se contente bien volontiers des dividendes.

Les chiffres et le calcul de la moyenne mentionnés ne comprennent pas les rémunérations de 11 PDG arrivés en cours d'année ni celle du patron de SES Global, société de droit luxembourgeois qui n'a pas souhaité communiquer.

 

Les rémunérations fixes
De nouveau, et en toute logique, le patron d'April Group Bruno Rousset  s'avère être celui possédant la part fixe la plus faible du SBF 120. Sa rémunération totale ne se compose d'ailleurs de rien d'autre que cette part fixe. A l'inverse, le patron de Michelin Michel Rollier est le seul dirigeant du SBF à ne pas posséder une part fixe dans sa rémunération, celle-ci étant uniquement basée sur les résultats de son entreprise.

 

Par ailleurs, Derichebourg comme SES Global n'ont pas souhaité communiquer le détail des rémunérations de leur dirigeant. Leurs parts fixes ne sont donc pas intégrées aux chiffres mentionnés dans l'image, tout comme celle de Michel Rollier, inexistante. Même chose pour 11 dirigeants arrivés en cours d'année.

 

Les rémunérations variables
C'est donc à la part variable de sa rémunération en 2008 que le PDG de Danone Franck Riboud doit sa place de PDG d'entreprise cotée le mieux rémunéré de France. A 3,2 millions d'euros, celle-ci est en hausse de 7,3% par rapport à 2007. Celle du patron d'Ipsos, Didier Truchot, est en revanche en baisse de 39,4%. Ce qui en fait la plus modeste des parts variables accordées en 2008. Car tous les grands patrons français n'en disposent pas.

 

Sur 109 patrons du SBF ayant effectué la totalité de l'année à leur poste, 15 au moins n'ont pas reçu un euro de rémunération variable. A l'heure de notre dossier, six sociétés n'avaient pas encore déterminé cette part variable pour leur dirigeant.

 

Les rémunérations exceptionnelles
Huit grands patrons ont reçu en 2008 des rémunérations exceptionnelles. Parmi eux, quatre sont arrivés en cours d'années, dont celui qui a touché la plus importante, le patron du laboratoire Sanofi-Aventis. Christopher Viehbacher a reçu en guise de "golden hello" 2 200 000 euros "en contrepartie des avantages auxquels il a renoncé en quittant son ancien employeur" explique Sanofi dans son document de référence.

 

Autre patron arrivés en cours d'année dernière et bénéficiant d'une rémunération exceptionnelle : Jean-Louis Chaussade de Suez Environnement, Frédéric Rose de Thomson et Ben Verwaayen d'Alcatel-Lucent.

 

Les avantages en nature 
Les avantages en nature consistent presque exclusivement en voitures et logement de fonction, et toutes les entreprises du SBF 120 ne font pas preuve de la même transparence, neuf d'entre elles ne chiffrant pas les coûts de l'avantage. Reste que sur les 111 entreprises pour lesquelles les données étaient détaillées, 86 d'entre elles offrent des avantages en nature à leur dirigeant. Le patron de STMicroelectronics est à ce titre le plus favorisé, avec plus de 660 000 euros perçus. Celui de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharrière, est au contraire le plus modeste, avec seulement 508 euros...

 

Les jetons de présence
53 grands patrons ont touché en 2008 une partie de leur rémunération sous forme de jetons de présence dans les instances de leur entreprise. François-Henri Pinault est le premier d'entre eux, avec plus de 160 000 euros perçus à ce titre l'an dernier par le patron de PPR. Ils sont six à avoir touché plus de 100 000 euros sous forme de jetons : Simon Azoulay (Alten), Bernard Arnault (LVMH), Baudoin Prot (BNP Paribas), Yves-René Nanot (Ciment Français) et Henri Proglio (Veolia Environnement).

 

A noter que Derichebourg et SES Global ne détaillant pas la rémunération de leurs dirigeants, leurs éventuels jetons de présence ne font pas partie des données présentées ci-contre. Ont également été exclus 11 dirigeants arrivés en cours d'année 2008.

 

Les stock-options
Sur les 120 dirigeants du SBF, 51 d'entre eux au moins se sont vu attribuer des stock-options en 2008. Mais seules 45 entreprises détaillent la valorisation de ces options à la date de l'octroi, via un calcul savant. Une valorisation théorique qui ne présage pas des sommes perçues une fois les options levées et les actions vendues. Pour 8 sociétés, l'information n'était pas disponible, ce qui fait que 14 dirigeants n'apparaissaient pas dans les calculs ci-contre.

Parmi les heureux élus, le plus favorisé est de loin Bernard Arnault, le patron de l'empire du luxe LVMH, avec des stock-options valorisés à plus de 12,5 millions d'euros, loin devant le second de ce classement, le PDG de Danone Franck Riboud, par ailleurs patron le mieux payé du SBF et bénéficiant de la plus forte part variable.

 

Les actions gratuites
Au moins 30 dirigeants sur les 120 du SBF ont reçu des actions gratuites en 2008. 65 n'en ont pas reçu et pour 25 l'information n'était pas disponible (les données ci-contre concernent les 30 patrons).

 

C'est un PDG qui n'appartient pas au Cac 40 qui arrive en tête des patrons ayant reçu le plus d'actions gratuites, en l'occurrence Bernard Charlès, de Dassault Systèmes. Et c'est un PDG de l'indice vedette qui en a reçu le moins : Xavier Fontanet, d'Essilor International, avec un étonnant montant de 378 euros.

 

Sur les 30 heureux élus, six ont perçu l'équivalent de plus d'un million d'euros, et six autres ont eu droit à moins de 100 000 euros. Précision : les actions gratuites sont perçues deux ans après la date d'octroi et ne peuvent être vendues que deux ans plus tard. Si les dirigeants quittent l'entreprise avant deux ans, les actions sont perdues.

 

Les retraites, parachutes dorés et clauses de non concurrence
Les retraites, parachutes dorés et autres clauses de non concurrence (qui donnent droit à des indemnités) sont légion chez les grands dirigeants français. Mais leur calcul ne peut-être effectué qu'une fois la date de départ connue, puisqu'il prend en compte plusieurs critères comme les performances passées ou le nombre d'années effectuées au sein de l'entreprise.

 

Et toutes les entreprises ne font pas preuve de la même transparence, puisque l'information n'est pas clairement disponible pour plusieurs dizaines d'entre elles.

 

Reste que plusieurs conclusions peuvent être tirées : les retraites complémentaires sont largement répandues, avec au moins 69 dirigeants concernés. Au contraire, les clauses de non concurrence ne semblent pas foisonner.

 

Méthodologie

Pour obtenir ces données, le Journal du Net a d'abord décortiqué les documents de référence 2008 et 2007-2008 selon les cas des 120 entreprises du SBF 120.

 

Quand le détail des parts variables, jetons et avantages n'était pas précisé, les entreprises ont été contactées. Seules Derichebourg et SES Global, de droit luxembourgeois, n'ont pas communiqué l'ensemble des données. Gecina, Ciments Français, Altran Technologies et EDF n'ont pu livrer les parts variables, qui n'étaient pas encore déterminées ou communiquées aux actionnaires.

 

Source (Jean-Etienne JUTHIER, Journal du Net)

Pour info: (http://www.edubourse.com/remuneration/frederic-rose.php)

 

Frédéric Rose, PDG de Technicolor

Pour Technicolor (ex Thomson) en tant que Directeur général
Du 01-01-2009 au 31-12-2009 Montant dû versé
Rémunération fixe 800.000 € 
Rémunération variable(*) 400.000 €  
Rémunération exceptionnelle(**) 0 €
Jetons de présence(***) 0 €

 

Total 1.200.000 €

 


 

Les cumulards du CAC 40

 

39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun les unes avec les autres. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Malgré les promesses et les réformes, la consanguinité du capitalisme français est toujours aussi prégnante. (Démonstration en images). 

cac40Malgré tous les codes de conduite et autres principes de « corporate governance » les conseils d'administration du CAC 40 sont toujours largement consanguins. Toutes les sociétés du CAC sauf une (Unibail Rodamco) partagent des administrateurs avec une autre[1]*. Ainsi, Total et Lafarge partagent quatre administrateurs, de même que Alstom et Bouygues. Les deux tiers des membres du conseil d'administration de Total sont également administrateurs d'une autre société du CAC. Et 94 dirigeants du CAC 40 exercent des fonctions d'administrateur dans une autre entreprise.

Au niveau de leurs conseils d'administration, Total, GDF-Suez et BNP Paribas sont les plus connectées avec chacune 19 liens avec d'autres entreprises du CAC 40. Puis viennent Saint-Gobain avec 18 liens, et AXA avec 17. Tandis que Lafarge et Sanofi-Aventis ont chacune 15 liens avec d'autres sociétés. Les sociétés qui comptent le moins d'administrateurs cumulards sont Unibail-Rodamco (zéro lien) ainsi que Peugeot, Arcelor-Mittal et STMicroelectronics (deux liens chacune). Les cumuls d'administrateurs relèvent souvent de l'échange de bonnes manières : Patrick Kron, PDG d'Alstom, siège chez Bouygues, tandis qu'Olivier Bouygues, directeur général de la société du même nom, est chez Alstom.

  

La palme des cumulards revient à Michel Pébereau qui siège à six conseils d'administration : Total, AXA, BNP Paribas, Saint-Gobain, Lafarge et EADS. Puis vient Jean-Martin Folz, l'ancien patron de PSA, qui siège dans cinq sociétés. Trois autres dirigeants cumulent quatre sièges chacun : Thierry Desmarest, le PDG de Total, Jean-René Fourtou, président de Vivendi, et Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez. Depuis la Loi dite des nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001, le nombre des mandats de direction et d'administration dans des sociétés cotées ayant leur siège social en France est limité à cinq. Michel Pébereau est membre au total d'une dizaine de conseils d'administration, mais seules cinq de ces sociétés sont cotées et ont leur siège en France (EADS, bien que cotée à Paris, a son siège au Pays-Bas).

 

 Le « code de gouvernement d'entreprise » publié en octobre 2008 par l'Afep (Association française des entreprises privées) et le Medef précise pourtant que « lorsqu'il exerce des fonctions exécutives il [l'administrateur] ne doit, en principe, pas accepter d'exercer plus de quatre autres mandats d'administrateur dans des sociétés cotées, y compris étrangères, extérieures à son groupe ». Loïc Dessaint, directeur associé de Proxinvest, observe malgré tout un changement : « Ce qui est nouveau, c'est que les gens envoient maintenant leur femme ou leurs enfants à leur place pour moins éveiller les soupçons. Voilà comment on voit Amélie Oudéa chez Lagardère ou Nicole Bouton chez Pernod-Ricard. » Le progrès est en marche…
 

Source (Arternatives économiques)

 


 

Profit Licenciement,secret des entreprises

 

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