Les chômeurs continuent la "grève", soutien du personnel de Pôle emploi

Les collectifs de chômeurs et précaires à l’origine d’une "grève" dans plusieurs villes de France lundi, ont poursuivi leur mouvement mardi, avec le soutien des élus du personnel de Pôle emploi qui juge "leurs revendications légitimes".

 

Entre trente et quarante personnes ont occupé la direction régionale de Pôle emploi à Rennes, et une poignée de manifestants a investi un bâtiment de Pôle emploi à Brest. Dans les deux cas, les manifestants cherchent à discuter avec les salariés et leurs directions, sans heurts, ni animosité. En région parisienne, les manifestants ont monté un piquet de grève dans la rue piétonne de Montreuil pour distribuer des tracts, selon Alice, qui demande l’anonymat et appartient au collectif "Les Cafards de Montreuil", ainsi baptisé en réponse à "ceux qui traitent les chômeurs de parasites". Le mouvement, né en Bretagne, traduit, selon SUD Emploi, "l’exaspération des chômeurs et précaires face aux mauvais traitements qu’ils subissent de la part de Pole Emploi au quotidien : absences de réponses fiables, convocations inutiles, contrôles, répressions, sanctions". Les pressions pour accepter n’importe quel travail précaire, quelques heures par ci par là, sont également dénoncées. Le nombre de demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite faute de mieux (près de 1,3 million fin mars) a beaucoup progressé avec la crise. Lundi, le siège national de Pôle emploi à Paris a été brièvement envahi. La police a procédé à 93 interpellations, selon une source syndicale. Pôle emploi "se réserve le droit de poursuivre les personnes concernées en fonction de l’état des déprédations", a indiqué mardi son directeur général Christian Charpy, lors d’un Comité central d’entreprise, selon un participant. Ce CCE ne devait initialement pas débattre des mouvements de chômeurs, mais la question a suscité de longs débats. A l’issue de la réunion, l’ensemble des élus du personnel (sauf Unsa et CFE-CGC) ont rédigé un communiqué apportant "leur soutien aux revendications légitimes des chômeurs qui ont voulu exprimer leur difficulté et la détresse de leur situation". Les élus CFDT, CFTC, CGT, FO, Snap, SNU, SUD ont aussi unanimement "dénoncé le recours à la force publique dans une situation qui aurait du et pu se régler par le dialogue". Ils ont aussi "condamné toute forme de violence (...)". La veille, au siège de Pôle emploi, les manifestants ont renversé des chaises, placardé des affiches et tagué les murs du dernier étage, selon une source syndicale. Ils ont aussi bu le champagne d’un pot de départ en retraite.

 

Source ( AFP - 04/05/2010)

 

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