Pas de redressement judiciaire pour Breizadic à Brest
« Incroyable, je n’ai jamais vu cela. » C’est la réaction d’Annie David, avocate d’Adetel Group. Ce midi, le tribunal de commerce de Brest a rejeté sa demande de mise en redressement judiciaire de Breizadic, filiale d’Adetel. Pour le Pdg François Sébès, « cela met les salariés dans le flou total ». Le budget prévisionnel présenté en déficit pour les prochains mois aurait motivé la décision des juges. Ce refus est rarissime. Selon le délégué CGT Philippe le Floc'h, le dossier aurait été mal monté. Pour lui, le patron «a perdu de sa crédibilité». La direction envisage de présenter une nouvelle demande devant le tribunal.
42 salariés à Brest
Breizadic emploie actuellement 42 salariés et une dizaine d’intérimaires. Cette entreprise du technopôle de Brest, issue de l’éclatement de Thomson puis de Nextream, était née en 2006. Elle avait assez bien réussi sa reconversion industrielle de la fabrication de décodeurs de TV numérique pour Thomson (aujourd’hui Technicolor) vers des activités plus pointues pour la Défense, le transport ferroviaire ou aérien. Elle affichait toutefois un déficit d’un million d’euros l’an dernier et 1,2 millions d’euros cette année.
Le soutien de Jabil
Philippe Le Floc’h, délégué CGT met en avant « une très mauvaise gestion » par le groupe. Selon lui, l’activité est là, mais pas la rentabilité.
Adetel se dit à la recherche d’un partenaire industriel qui prendrait la majorité du capital de l’entreprise tout en lui garantissant un volume de commandes. Il espérait que la mise en redressement favorise cette recherche. En effet, une telle procédure permet d’effacer les dettes de l’entreprise pour le repreneur.
À l’occasion de l’audience au tribunal de commerce, les salariés ont reçu le soutien du personnel de Compétence (ex-Jabil), qui s’attend lui aussi à un dépôt de bilan imminent.
Source (Ouest-France, le 23/11/2010)