Grass Valley : les licenciements retardés
Les licenciements à Grass Valley sont reculés de trois semaines. Des militants de gauche tentent encore de les empêcher.
Grass Valley, la filiale de Technicolor, va supprimer un peu plus de 600 postes dans le monde dont 168 à Rennes où elle emploie 400 personnes. Et pourtant, certains veulent encore croire (rêver ?) que « rien n’est joué. Une campagne politique unitaire pour l’interdiction des licenciements à Technicolor est nécessaire », écrit un collectif réunissant des militants de partis politiques de gauche ainsi que des délégués syndicaux. Hier soir, ces derniers avaient donc organisé un débat à Cesson-Sévigné. Ils réclament notamment de pouvoir rencontrer le préfet de région. En août déjà, ces mêmes militants se revendiquant notamment PS, du PCF et d’Europe-écologie, avaient remis 600 signatures de citoyens se prononçant « pour l’interdiction des licenciements ». Seulement, pendant ce temps-là, la date des premiers départs se rapprochent à grands pas. Initialement, celle-ci était prévue le 3 novembre. La direction de Technicolor vient de décider de repousser à la fin de ce dernier mois (le 26). Notamment afin de pouvoir conclure le découpage de Grass Valley en trois sociétés : la diffusion professionnelle (broadcast), la transmission et les têtes de réseaux (head-end). Les cartes sous-traitées à Laval. Dans un second temps, Technicolor vendra chacune de ces sociétés : le fond d’investissement américain Fransisco Partners s’étant déjà porté acquéreur de la partie « broadcast ». Qu’adviendra-t-il alors des salariés qui n’auront pas été licenciés ? « On est un peu déboussolé par tous ces mouvements », convient Dominique Jegou de la CGT. En attendant, sur place, le cœur n’est plus au travail. Sans attendre l’arrêt de l’atelier de production, la direction de Grass Valley vient de sous-traiter la fabrication des cartes électroniques à l’usine Cofidur de Laval : soit pour le sous-traitant un marché d’environ 10 millions d’euros par an. En accord avec Technicolor, Cofidur s’engage néanmoins a réserver 50 postes, dans son usine lavalloise, aux salariés de Grass Valley. « Les salaires proposés étant inférieurs, beaucoup risquent de dire non », relève le collectif des salariés.
Source (Pierrick Baudais - Ouest-France - le 05/10/2010)