Chez Technicolor, la grève est mise sur « pause »

Publié le par Grassvalley.over-blog.fr

1506PICT1315Après quatre semaines, les grévistes de Grass Valley ont cessé leur mouvement le temps des vacances. Pour mieux le reprendre à la rentrée, assurent les syndicats.

Hier, une assemblée générale tendue avait lieu sur le site de Grass Valley à Rennes. « Nos collègues sont très mécontents contre nous. On a fait ce qu’on a pu, mais nous n’avons pas réussi à obtenir les indemnités de licenciement qu’ils demandent », déplore Jean-Pierre Ottavi, délégué CFDT. Les salariés exigent 45 000 euros chacun, plus un mois de salaire brut par année d’ancienneté. De son côté, la direction propose deux options : soit une prime à l’ancienneté qui s’échelonnerait entre 20 000 euros et 45 000 euros, soit une prime liée à l’âge qui irait jusqu’à six mois de salaire brut, plus l’indemnité légale. Le bras de fer est loin d’être fini, car l’avis du comité central d’entreprise (CCE) a été reporté à la semaine prochaine, la direction de Technicolor n’ayant pas fourni les documents nécessaires.

La grève, qui dure depuis un mois, a été interrompue hier, le temps des vacances. « Vu le comportement de Technicolor, elle reprendra encore plus violemment à la rentrée », assure Jean-Pierre Ottavi, qui dénonce une direction qui ne lâche rien, fermement décidée à liquider Grass Valley, sa filiale spécialisée dans l’équipement de studios de télévision, le matériel de diffusion et de transmission d’images.

Collectif0456Depuis plusieurs mois, Technicolor déroule implacablement son plan. Première étape : faire subir une sévère cure d’amaigrissement à Grass Valley, qui compte 900 employés en France. Près de 329 suppressions de postes, pour la plupart sur le site de Rennes, mais aussi à Brest et à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Deuxième étape : tronçonner Grass Valley en trois activités séparées, pour mieux les vendre à la découpe. Les projets de cession des trois entités sont déjà en cours dans les autres pays (États-Unis, Japon, Allemagne et Pays-Bas). La direction met en avant des pertes de 87 millions d’euros en 2009. « Son objectif n’est pas financier, il est stratégique. La direction veut restructurer à tout prix le groupe », assure Jean-Pierre Ottavi.

« Toutes nos propositions ont été refusées, poursuit le cédétiste. Dans un premier temps, le CCE a mis sur la table un plan économique alternatif comprenant le maintien de l’usine rennaise, pour un coût de 2,2 millions d’euros, contre 8,5 millions d’euros pour la restructuration. Mais la direction a refusé. Ensuite, nous avons proposé de plafonner les indemnités de licenciement des cadres dirigeants à 120 000 euros, toujours afin d’économiser et de sauver Grass Valley. Mais la direction a encore refusé. »

 

Source (Mehdi Fikri - L'humanité - 16/07/2010)

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