À Grass Valley, on licencie, on vend, on s'interroge

Publié le par Grassvalley.over-blog.fr

collectif0823Au début de l'été, les salariés rennais de Grass Valley ont fait grève durant près de quatre semaines.

 

À Thomson Grass Valley, les premiers licenciements devraient avoir lieu début novembre. Parallèlement, cette filiale de Technicolor va être vendue en trois unités.
À Thomson Grass Valley, filiale du groupe Technicolor, la rentrée s'annonce une nouvelle fois incertaine. Pour la direction, la procédure liée au plan social « est close ». Cette dernière s'apprête donc à supprimer 305 postes en France (un peu plus de 600 à travers le monde) dont 168 à Rennes (sur 400 personnes) et 23 à Brest (sur 73). La plupart des salariés concernés devraient donc recevoir leur lettre de licenciement début novembre. À l'exception d'une partie des ingénieurs rennais travaillant dans le secteur des têtes de réseaux (Head-end). Les licenciements de ces derniers seront échelonnés durant l'automne et l'hiver « pour soutenir l'activité de ce secteur », explique-t-on à la direction. Grass Valley conçoit et fabrique du matériel pour les studios de télévision.

Une nouvelle grève ?

Du côté des salariés et des syndicats, on ne l'entend évidemment pas ainsi. D'une part, Dominique Millet de la CFDT rappelle qu'à la mi-juillet, le comité central d'entreprise n'a pas remis d'avis sur le plan de sauvegarde de l'emploi proposé par la direction. « Il a été dans l'incapacité de rendre un avis. Les documents remis aux délégués syndicaux ne correspondaient pas à ceux que possédait la direction », dénonce-t-il. Le détail a son importance. Notamment dans l'hypothèse où les syndicats contesteraient le plan social devant les tribunaux...

En attendant, après avoir mené une grève de près de quatre semaines au début de l'été, salariés et syndicats réfléchissent à l'éventualité de mener une nouvelle action.

collectif0831Mais l'incertitude des salariés ne repose pas sur les seuls licenciements. Parallèlement au plan social, la direction de Technicolor s'apprête à diviser Thomson Grass Valley en trois entités : la diffusion professionnelle (broadcast), la transmission et les têtes de réseaux (head-end). L'objectif de cette opération est de vendre plus facilement Grass Valley et d'alléger la dette du groupe (1,5 milliard d'euros). Un comité central d'entreprise a lieu aujourd'hui au sujet de cette division. Mais d'ores et déjà, le fonds d'investissement américain Francisco Partners a fait une offre de 77 millions d'euros pour l'acquisition de l'activité « broacast ». Cette dernière représente 72 % du chiffre d'affaires de Grass Valley. Quant aux deux autres secteurs d'activité, aucun repreneur n'est, pour l'instant, annoncé.

Que feront les repreneurs ?

Reste que ces cessions suscitent des questions. Que feront les futurs repreneurs ? Les salariés qui n'auront pas été licenciés, ont-ils à craindre de nouvelles suppressions de postes ? « La restructuration a déjà eu lieu. Les repreneurs n'ont donc pas de raison de le faire », tente-t-on de rassurer du côté de la direction.

En fait, dans ce dossier, il n'y a actuellement qu'une certitude : avec ce plan social, le groupe Technicolor ferme l'atelier de production qu'il possède à Rennes. Cet atelier emploie une centaine de salariés dont une partie a plus de 50 ans : le site produit notamment des cartes électroniques qu'il intègre à des codeurs. Autrement dit, Angers demeurera la dernière usine industrielle du groupe Technicolor en Europe...

Source (Ouest-France - Pierrick Baudais - le 26/08/2010) 

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