Thomson : le Département fixe ses conditions

Publié le par grassvalley.over-blog.fr

nab2010Le Département ne versera sa subvention de 171 000 € que si Thomson Grass Valley se maintient à Rennes. Cette annonce ne fait pas l'unanimité.
L'annonce est peu courante. Le conseil général d'Ille-et-Vilaine n'accordera une aide de 171 000 € que si Thomson Grass Valley maintient son usine et ses emplois à Rennes. « Nous voulons que Thomson nous garantisse la préservation du site. Nous attendons de la part de la direction un engagement ferme. Sinon, nous ne verserons rien », assure Jean-Louis Tourenne, le président du conseil général. Rappel des faits.

   

Des aides sous conditions

Le 29 mars, le Département décide d'accorder une aide de 171 000 € à deux projets du pôle « images et réseaux ». Deux projets auxquels participe Thomson Grass Valley. Mais aussi d'autres sociétés. Ces projets dits collaboratifs visent à créer des innovations technologiques. Et donc à améliorer la compétitivité des entreprises qui y contribuent.

Le lendemain, soit le 30 mars, la direction de Thomson Grass Valley annonce qu'elle s'apprête à supprimer 625 postes dans le monde, dont 327 en France. Et notamment 182 à Rennes, où 400 personnes travaillent pour cette filiale du groupe électronique.

Après la fermeture, à Rennes, d'un des deux sites d'Alcatel et du centre de recherches de Motorola, en moins d'un an, Jean-Louis Tourenne estime qu'il « n'est pas suffisant pour ces entreprises de recevoir des aides publiques. Il faut que ces aides soient soumises à conditions. Il faut moraliser un minimum nos interventions. » Au total, selon les syndicats, Thomson Grass Valley aurait ainsi perçu neuf millions d'euros, en 2009, pour l'ensemble des projets auxquels elle participe en France.

Pour autant, cette annonce tranchée du conseil général est loin de faire l'unanimité. Les autres collectivités qui abondent aussi au financement de ces projets (Rennes Métropole et le conseil régional), semblent plus nuancées.

 

Une annonce contestée

« Nous tenons fermement à ce que Technicolor conforte son pôle recherche et développement à Rennes », insistait encore, le 1er mai, Daniel Delaveau, le président de l'agglomération. Autrement dit, en plus de Grass Valley, ce dernier redoute que le groupe Thomson réduise également les effectifs rennais de son centre de recherches, qui emploie environ 450 personnes...

Jean-Luc Pavy, le dirigeant de Teamcast, une société basée à Saint-Grégoire, qui pilote l'un des deux projets visés par le Département, est tout aussi perplexe. « C'est surréaliste ! Les aides du Département et de la Région sont destinées aux PME qui participent au projet et créent des emplois. Thomson, lui, est aidé directement par l'État », détaille le dirigeant de cette entreprise qui emploie environ 60 personnes.

Jean-Louis Tourenne, lui, tient un autre raisonnement : « De toute manière, si Thomson Grass Valley s'en va de Rennes, je ne vois pas comment les autres sociétés pourront poursuivre leurs projets. »

Bref, c'est la position des élus face aux entreprises qui est, une nouvelle fois, en débat.

 

Source (Pierrick BAUDAIS - Ouest-France - 08/05/2010)

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Publié dans Finances

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